Je suis une légende – Richard Matheson

Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l’abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie. Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil… Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu’aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme. Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l’ultime survivant d’une espèce désormais légendaire.

La nuit a fait place au jour. Doucement, je regarde aux alentours si la voie est libre. Je sors de ma cachette, une vieille cave au relent de poissons avariée. Saleté de vampires ! Ils m’ont tout pris. Famille, amis, confort….ma vie au sens général du terme.
Le soleil me brûle les yeux. Trois jours que je ne suis pas sortie, trois jours a resté bloquée dans cette maudite cave. Les vampires avaient pris connaissance de ma position et m’avaient piégé. Ils sont tenaces. Une fois qu’ils ont mis le cap sur une proie, ils ne lâchent pas l’affaire. En même temps, je peux comprendre qu’ils ont faim, ils passent leurs temps à errer dans les rues assombries par la nuit. Quand ils n’ont pas de proies, ils se battent entre eux, s’entre-tuent. Quoi qu’on puisse en dire, c’est qu’ils n’ont pas inventé l’eau chaude.
J’aperçois ma camionnette à l’angle de la rue. Je suis heureuse de voir qu’ils n’ont ni crevé mes pneus, ni vidé le réservoir d’essence. J’étais sortie de chez moi, il y a trois jours pour me rendre dans une station service afin de reconstituer mon stock de victuailles. Et plus précisément de viande en conserve. Je ne suis pas une grande fan de viande, c’est pourquoi je n’en ai jamais manqué. Mais il y a de cela quelques semaines, j’ai aperçu un chien de l’autre côté de la rue. Un chien ! Vous vous rendez compte. Des années à être seule, à broyer du noir, à me faire la conversation. Des années de solitude totales et déprimantes. Et là, un espoir.
J’ai donc tenté de l’apprivoiser. J’ai d’abord utilisé la manière verbale, en l’appelant et en le sifflant, mais mes tentatives se sont révélées veines. Une manière moins morale est celle de l’appât. Des gamelles de viandes. Le pauvre, il doit être affamé depuis le temps. Il a fallu du temps, mais j’ai finalement réussi à l’amadouer. Malheureusement pour moi, il a fini par être infecté par le virus et … je me suis retrouvée à nouveau toute seule.
Je monte dans ma voiture et allume le contact. Il fait calme, bien trop calme. Seul le bruit de mes pneus qui crisse sur le tarmac et le bruit du vent qui souffle dans les arbres se font entendre. La solitude se fait ressentir. Je n’en peux plus. Je suis las de cette situation.
J’aperçois ma maison à l’angle de la rue. Une bonne douche chaude, voilà ce dont j’ai besoin.
Je rentre dans mon bunker, seul endroit sécurisé dans ce monde contre l’attaque de ces créatures de Satan. La maison est sombre et sent le renfermer.
Je me rends dans le garage pour allumer le générateur et la lumière fut.
L’eau chaude coule sur mon corps. Si seulement ses larmes d’eau pouvaient atténuer ma souffrance. Me permettre d’oublier que je suis seule. Que je ne suis plus qu’une LÉGENDE !
 

Mon aventure livresque

Une nouvelle terreur a émergé de la mort, une nouvelle superstition a conquis la forteresse inexpugnable de l’éternité. Je suis une légende.

J’ai dû lire le livre pour un de mes cours de français. J’étais très perplexe à l’idée de le lire. Le film homonyme avec Will Smith ne m’a absolument pas plus. Je l’ai trouvé long et un peu rocambolesque. Du coup, j’avais une certaine appréhension.

Et bien ce ne fut que de courte durée car j’ai été captivée du début à la fin. Et sans spoiler, cela n’a absolument rien, mais alors rien avoir avec le film !!
Le film n’a juste que le nom en commun, rien d’autre.

Dans un premier temps, commençons par une petite mise en situation. Au début du livre, nous sommes en janvier 1976. Robert Neville est seul depuis plus de cinq mois, il passe son temps a regarder le temps qu’il fait. Il analyse la situation, vérifie l’état de la maison, de sa citerne d’eau. Il possède un établi pour travailler le bois ainsi qu’une serre où il fait pousser de l’ail qu’il s’empresse de nettoyer puis de les enfiler pour réaliser un collier qu’il accroche sur le perron de sa maison. Il attend leurs arrivées. Quand la nuit tombe, son voisin Ben Cortman lui lance « Sort de là Neville ! » Les créatures sont réveillées. Certaines se battent, d’autres essaient de rentrer chez Neville.

On comprend très rapidement la détresse de ce personnage. Robert Neville est un personnage complexe aux multiples facettes. Il a tout perdu. Femme, enfant, amis, travail. Il se retrouve être le seul qui n’a pas été infecté par ce virus étrange et « meurtrier ». Malgré tout, il garde la tête sur les épaules et tente de rester en vie, malgré de longue soirée à broyer du noir, se noyant dans l’alcool tandis que dehors, les vampires saccagent tout ce qu’ils peuvent.

La puissance d’un vampire tient à ce que personne ne croit en son existencea

Dracula

Ce qui est marquant dans cette oeuvre, c’est la façon avec laquelle l’auteur dépeint la solitude. C’est ça, pour moi, l’élément principal de l’histoire, le point majeur. Neville vit des années seul, se battant contre des êtres dépourvus de moral. C’est lorsqu’on est seul qu’on peut prendre conscience que la solitude totale est un fléau. Qu’on le veuille ou non, finalement, on a toujours besoin des autres pour exister, pour se sentir heureux en vie même si souvent on prône le contraire. L’être humain est fait pour vivre en meute et non seul.

Le thème du vampirisme est capital dans le roman. Neville se sert énormément du livre Dracula, hymne des vampires si l’on peut ainsi dire, afin de trouver un moyen de les contrer. Les vampires ont deux visages – celui de sauvages dans un premier et celui d’intelligence supérieure dans un deuxième temps. J’ai bien aimé le fait que les vampires ne soient pas des êtres assoiffés de sang, mais juste des sauvages, des êtres en perdition.

Le seul reproche que je peux faire de cette histoire est peut-être la fin. Je l’ai trouvé trop brusque , trop brutale. J’ai l’impression que l’auteur a finalisé cinq ans de solitude en 4 pages. Je me souviens que je me suis dit « Non, ce n’est pas possible, cela ne peut pas se finir comme ça. C’est trop rapide ! »

Cette lecture a été très riche et je l’ai par ailleurs recommandé à beaucoup de gens.

Et vous, il vous donne envie ?

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. J’ai ce livre dans ma PAL depuis une éternité, il fat vraiment que je le lise ! En tout cas ta chronique m’a donné envie de le sortir de mes étagères pour une prochaine lecture 🙂

    J'aime

    1. Caroline dit :

      Oh merci pour ce gentil commentaire, c’est vraiment agréable de lire ça. Et ce livre est vraiment génial, je ne m’attendais pas à un tel coup de coeur. Je te le recommande vivement 🙂

      Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s