Novelle édition – Interview

Il suffit de peu de chose, un partage, un follow et nos connaissances peuvent changer. Un jour alors que j’étais confortablement installé dans mon lit à regarder une série sur mon ordinateur, mon téléphone sonne pour me prévenir d’une notification. Je mets sur pause et prends le dit téléphone.

NOVELLE EDITION vous suit. Voulez vous voir son profil ?

Intriguée de savoir qui est ce nouvelle abonné, je fonce voir sa page. Dans la biographie, un lien vers un site internet. J’ouvre un nouvelle onglet sur mon ordinateur et tape l’adresse de la maison d’édition. Ma surprise fut grande. En parcourant les articles, je fus de plus en plus séduite. Si bien que je décide de contacter la maison d’édition pour demander une interview !

Novelle édition est une maison d’édition numérique qui publie des romans feuilletons (ce qui donne un petit côté vintage que j’aime beaucoup) dans des styles divers et variés. Un dizaine de textes sont déjà mis en ligne. La lecture de ceux-ci sont entièrement gratuite.

Voici un exemple de présentation et de texte disponible sur le site.

Exemple d’une histoire sur la plateforme

Théo est un adolescent muet. Ses relations se limitent à ses deux cousins : Thomas, un grand blond charmeur qui l’a toujours pris pour son souffre-douleur et Sophie dont il est amoureux sans se l’admettre. Sa rancœur contre Thomas grandit jusqu’aux limites du supportable.

Voici l’interview réalisée avec le responsable de Novelle Edition

Pouvez-vous nous dire qui vous êtes ?
Bonjour, je suis Ugo Bardeau, jeune éditeur de 27 ans et fondateur de Novelle, une maison d’édition
de séries littéraires.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours dans l’édition et la genèse de la maison NOVELLE
EDITION ?

Après une expérience d’un an en librairie, j’ai commencé des études d’éditions en alternance avec l’ASFORED (le pôle formation du SNE) qui ont duré trois ans. Durant cette période, j’ai eu l’occasion de travailler pour la Documentation Française et Tallandier, plutôt des éditeurs de sciences humaines, donc.
Novelle est un projet étudiant qui date de cette période. A l’époque j’étudiais des maisons chinoises qui fonctionnaient sur le même principe et la façon de les adapter au système français.

Je suis curieuse, au quotidien, quelles sont vos fonctions à l’un et à l’autre ?
Mon associé Fabien Weyh est développeur du site. Il fait des tests pour la seconde version de la plateforme (qui permettra aux lecteurs de s’inscrire et d’échanger sur des forums dédiés à chaque série), corrige des erreurs, en bref, il code.
De mon côté je suis au four et au moulin puisque je gère l’édition d’une part – travail sur les textes avec les auteurs, commande d’illustrations, gestion du planning de parution ; et la communication d’autre part – affichage, réseaux sociaux, mise en place d’un prix lycéen etc.

Pour le moment, si je ne me trompe pas, vous avez publié 10 séries. Comment faites-vous pour
découvrir ces textes ?

Pour ces dix séries, nous avons organisé un concours avec l’aide de Sorbonne Université (car c’est là que j’ai fait mon master) donc nos auteurs sont principalement issus du milieu étudiant, mais pas que. Le concours était ouvert à tous et certains auteurs nous ont découvert sur des forums où à l’occasion d’ateliers d’écriture.

Dans le prolongement de la question précédente, comment faire pour vous proposer une série
?

Nous avons mis en place un système de soumission de séries directement sur le site. Depuis notre lancement début avril, plusieurs auteurs ont spontanément envoyé leur série et nous en avons déjà sélectionné quelques-unes, elles paraîtront en juillet.

Si vous deviez définir la ligne éditoriale de NOVELLE EDITION ?
Question compliquée. Nous considérons le format comme l’élément principal de notre ligne
éditoriale. Nous souhaitons avant tout promouvoir la série littéraire en proposant tous types de textes de qualité dans ce format.

Comment définissons-nous un texte de qualité ? Nous cherchons des auteurs plus que des séries,nous cherchons un style reconnaissable, un scénario particulièrement bien ficelé, une ambiance onirique… La question du genre littéraire secondaire.

Le numérique a une place immense dans votre activité. Pourquoi ce choix ?
La série littéraire est en quelque sorte la petite sœur du roman feuilleton, qui s’est développé en même temps que la presse papier. Ce genre est intrinsèquement lié au mode de diffusion des textes.
Le numérique a déjà beaucoup modifié la façon que nous avons de nous informer sur les livres. Les sites comme Babelio sont devenus des acteurs importants du monde de l’édition, les youtubers sont massivement édités depuis quelques années et les instagramers montent en puissance.
Dans ce contexte, les maisons d’édition se placent comme « demandeuses », elles regardent les
personnes qui réussissent sur les réseaux et les éditent ensuite, même si parfois on peut s’interroger sur la pertinence de ces choix : du manga de maître Gims au livre de cuisine de Thibault Geoffrey (un instagramer fitness), on frise la pure opération marketing.
Les éditeurs ont bien intégré que la communication numérique était un enjeu, mais ils ne se placent jamais comme force de proposition. Conséquence ? Trop occupés à capitaliser sans suite sur l’image des célébrités du web, ils laissent des boulevards communicationnels aux titres issus de l’autoédition qui sont eux pensés et conçus pour le numérique. Les exemples de Fifty Sahdes et After – tous deux issus de l’autoédition – sont édifiants. Loin de moi l’idée de dénigrer ces textes que je n’ai d’ailleurs pas lu, mais je pense que si les œuvres françaises avaient une meilleure visibilité sur le web, on arrêterait de se contenter de traduire les succès internationaux.

Vous proposez des lectures entièrement gratuites. Du coup la question que je me pose est
comment et si vous êtes rémunérés ? Et les auteurs ?

Aujourd’hui je travaille à mi-temps pour Livres Hebdo car je ne me rémunère pas pour mon activité de directeur de Novelle.
Les auteurs non plus ne sont pas rémunérés pour leurs séries, par contre nous travaillons le texte avec eux, nous illustrons les séries et nous communiquons quotidiennement pour les faire connaître.
Quand certaines séries auront trouvé leur lectorat, nous éditerons une adaptation (revue et
augmentée) en version papier que nous vendrons en proposant une plus grande part à l’auteur que les maisons classiques : nous leur reverseront 30% du prix public alors que la moyenne actuelle est à 8%.
Pour l’instant les seules personnes rémunérées dans le cadre de leur travail pour Novelle sont les illustrateurs et la correctrice.

Un coup de projecteur sur une nouvelle série à venir ? Un petit teaser ?
En juillet nous publierons entre autre : Une fiction politico-sociale sur un groupe de jeunes
révolutionnaires, une histoire d’amour entre une jeune française et un riche américain, une comédie sur le purgatoire… Je ne peux pas vous en conseiller une en particulier, je les aime toutes et je vous fais confiance pour trouver celle qui correspondra le plus à vos goûts.

Quels conseils pourriez-vous prodiguer à ceux qui souhaitent se lancer dans l’édition
indépendante ?

L’édition est un marché de l’offre. Ce qui veut dire que c’est avant tout de la communication. Si vous vous lancez en imaginant que les textes que vous proposez sont tellement bons qu’ils s’imposeront d’eux-mêmes, vous allez être déçu. Il faut de bons textes, c’est une évidence, mais il faut aussi les moyens de les faire connaître.

Si vous êtes intrigué et que vous avez envie de lire les oeuvres de Novelle Edition, rendez vous sur le site https://www.novelle.fr/series/

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